Les droits de l’homme (3) : le droit à la vie.

La liberté religieuse, source et synthèse des droits de l’homme.

Une "vraie" oasis, avec des palmiers, de (petites) dunes de sable et un point d'eau, a été installée mercredi 4 mai sur le parvis de Notre-Dame de Paris à l'occasion de la manifestation "La palme de la liberté" par l'Aide à l'Eglise en détresse (AED) pour défendre la liberté religieuse dans le monde.

Une « vraie » oasis, avec des palmiers, de (petites) dunes de sable et un point d’eau, a été installée mercredi 4 mai sur le parvis de Notre-Dame de Paris à l’occasion de la manifestation « La palme de la liberté » par l’Aide à l’Eglise en détresse (AED) pour défendre la liberté religieuse dans le monde.

Dans Centesimus Annus, le bienheureux Jean-Paul II note  » qu’en  un sens, la source et la synthèse des droits de l’homme, c’est la liberté religieuse, entendue comme le droit de vivre dans la vérité de sa foi et conformément à la dignité transcendante de sa personne ». Ce langage peut ne pas être immédiatement accessible à un croyant peu formé ou à un agnostique. Le croyant peu formé ne verra pas l’enjeu fondamental de la liberté religieuse comme droit de l’homme, et le lien avec la dignité de la personne, mais l’histoire a toujours montré les abus contre la liberté religieuse comme point de départ des exactions les plus inhumaines. Seule le respect de la liberté religieuse peut mettre fin aux guerres de religion, y compris de la part de baptisés, aux guerres soit disant
 » saintes », à l’utilisation de la religion pour les intérêts belliqueux des uns et des autres. Le respect de la liberté religieuse assure le respect de la personne humaine, de sa dignité, de sa liberté et le développement d’un oecuménisme où le meilleur de chaque religion est mis en commun.


Le respect de la vie.

Tuer, c’est-à-dire ôter à quelqu’un la possibilité d’un avenir en ce monde. Ce n’est pas en vertu de son passé que la mise à mort de quelqu’un est inacceptable mais en raison de son futur en puissance. Les opposants à la peine de mort le comprennent bien puisqu’ils militent pour qu’on laisse la vie à quelqu’un qui, dans son passé, peut avoir commis des crimes abominables et inacceptables. Mais une personne ne doit pas être dépossédée par un jugement de cette possibilité d’avoir un futur en ce monde, fut-il carcéral. ( Etant sauf bien sûr l’obligation d’empêcher de nuire et l’obligation de protéger autrui des exactions criminelles elles-aussi toujours en puissance.)

 

Dès lors, ce n’est pas le passé qui compte mais le futur en puissance, futur dont nous ignorons ce qu’il sera puisque nous ne sommes pas Dieu. Tout être humain doit voir sa vie respectée, quel que soit son passé. L’inacceptable des crimes commis, surtout des meurtres, ne doit pas se reproduire jusque chez ceux qui exercent le droit et la justice, au risque de devenir comme ceux qu’ils jugent. On ne voit pas sur quel critère on pourrait arbitrairement fixer une date de fin d’une vie, car il s’agit justement là de la limite assignée par le respect universel du droit à la vie.

 

Dans ce même domaine du droit à la vie, la science humaine nous dit que dès la conception, toute l’information nécessaire a été mise en place, pour que ce futur commence avec un processus de développement vital, également bien connu de nos jours. Là encore, sur quel critère pourrait-on arbitrairement décider d’une date avant laquelle l’embryon ou le foetus serait déclaré ne pas être une personne humaine et après laquelle il le serait devenu = c’est un non sens.

Parallèlement, sur un plan qualitatif, on ne voit pas sur quel critère on pourrait décider que quelqu’un n’a plus sa dignité de personne humaine, ou ne l’a pas, ou ne l’a pas encore, ou par intermittence la retrouverait ? Ce serait également un non-sens.


Embryons surnuméraires ou droit à la vie ?

Le Concile Vatican II dans sa constitution Gaudium et Spes a condamné tout ce qui s’oppose à la vie, tout ce qui constitue une violiation de l’intégrité humaine, tout ce qui est offense à la dignité de la personne. Trente ans plus tard, le pape Jean-Paul II constate dans son encyclique L’Evangile de la Vie, que le panorama inquiétant, brossé par les pères conciliaires, s’est encore assombri. Des pays de plus en plus nombreux légalisent l’avortement, certains autorisent l’euthanasie et les progrès scientifiques relatifs aux manipulations génétiques font craindre à juste titre que l’on ne se lance dans une pratique généralisée de l’eugénisme. Les techniques de reproduction artificielle permettent de disposer d’embryons surnuméraires, entendez-bien par là d’êtres humains au début de leur vie avec tout le potentiel humain emgrammé dans leur ADN, êtres humains que l’on sera amené ou à supprimer ou à livrer à la recherche scientifique, comme un simple matériel biologique, vocabulaire déjà employés par de nombreux chercheurs pour remplacer le mot de  » cobayes de laboratoires ».

 

Alors, écoutons une fois encore ce grand défenseur des droits de l’homme qu’est le bienheureux Jean-Paul II dans Evangelium Vitae, un texte revigorant qi’il faut relire dans son ensemble et qui rappelle aux chrétiens que nous sommes  » le peuple de la Vie et pour la Vie » ( EV 101):

« L’Eglise sait que cet Evangile de la vie, qui lui a été remis par son Seigneur,  trouve un écho profond et convaincant dans le cœur de chaque personne, croyante et même non croyante, parce que, tout en dépassant infiniment ses attentes, il y correspond de manière surprenante. Malgré les difficultés et les incertitudes, tout homme sincèrement ouvert à la vérité et au bien peut, avec la lumière de la raison et sans oublier le travail secret de la grâce, arriver à reconnaître, dans la loi naturelle inscrite dans les cœurs (cf. Rm 2, 14-15), la valeur sacrée de la vie humaine depuis son commencement jusqu’à son terme; et il peut affirmer le droit de tout être humain à voir intégralement respecter ce bien qui est pour lui primordial. La convivialité humaine et la communauté politique elle-même se fondent sur la reconnaissance de ce droit. »( EV 2)



P. Y. Bonnet

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