L’action des catholiques sociaux en France (2) Les lignes directrices.

Les grandes périodes étudiées.

Logement ouvrier 1840

Logement ouvrier 1840

 

Dans ce deuxième volet de notre réflexion sur l’action des catholiques sociaux en France, notre attention va se porter sur l’action en elle-même.
Pour la commodité de l’exposé, nous distinguerons deux grandes périodes, celle des pionniers ( 1820-1870), et celle d’une véritable maturité ( 1870-1940), avant d’esquisser quelques hypothèses concernant la période de l’après-guerre ( 1945 à nos jours).

Toutefois, préalablement à l’énoncé des actions menées par les catholiques sociaux en France, nous donnerons rapidement une perspective de ce qu’on été les lignes directrices de l’action et les moyens mis en oeuvre.


Triple action en direction des ouvriers, de l’entreprise, de l’état.

Bourgeoisie du XIXeme siècle

Bourgeoisie du XIXeme siècle

Comme nous l’avons dit, c’est à la fois la transformation de l’entreprise et l’évolution de la législation, qui ont provoqué l’émergence d’une classe sociale misérable, le prolétariat.
L’action va donc être triple :

-En direction des ouvriers, soulager la misère, préserver la famille et lui donner un environnement social plus favorable, améliorer la santé des personnes, promouvoir les solidarités, fournir du travail.

-En direction de l’entreprise, améliorer les conditions de travail, favoriser le dialogue social, contribuer à la formation des salariés.

-En direction de l’état, stimuler l’élaboration d’une législation adaptée aux nouvelles conditions de la vie industrielle, créer un cadre qui favorise l’humanisation de l’économie.

Signalons que par contre-coup, cette sollicitude envers les ouvriers a suscité également des initiatives touchant le monde rural, les gens de mer et les militaires.


Des moyens éparpillés…

Ouvrier travaillant sur une machinerie : le XIXeme, époque de progrès et d'asservissement.

Ouvrier travaillant sur une machinerie : le XIXeme, époque de progrès et d’asservissement.
On est frappé par l’éparpillement des moyens mis en oeuvre. Hormis probablement les conférences de St Vincent de Paul, qui, nées à Paris, vont s’étendre sur toute la France, beaucoup d’initiatives seront locales et le resteront longtemps. Il n’est pas question dans notre propos d’en donner une liste exhaustive mais plutôt d’en préciser la typologie à une époque où l’instabilité sociale règne et où les grèves se succèdent.

Typologie de ces moyens.

Les grèves et troubles sociaux sont aussi en arrière plan de l'action catholique et de prises de conscience.

Les grèves et troubles sociaux sont aussi en arrière plan de l’action catholique et de prises de conscience.
On peut constater que l’action passe principalement par

-des oeuvres caritatives.
-des associations à but éducatif, culturel, récréatif, etc…
-des mutuelles de toutes sortes.
-des mandats d’hommes politiques parce qu’ils sont promoteurs de lois bénéfiques.
-des publications, déclarations, ouvrages littéraires, etc…
-de véritables syndicats ( dans la deuxième période étudiée)


Petite bibliographie.

Pour se faire une idée du foisonnement des initiatives, il est utile de consulter :

L’histoire du catholicisme social en France ( 1871-1931) de G. Hodg
Les débuts du catholicisme social en France ( 1822-1870) de J.B Duroselle
L’action sociale des Catholiques en France, d’Henri Rollet. ( lequel était une belle personnalité représentative des catholiques sociaux)
Sur le Chantier Social, du même Henri Rollet ( chronique sociale)

Le Père Desbuquois et l’Action Populaire, de Paul Droulers.

…et de feuilleter la collection des Semaines Sociales ou celle de la Chronique Sociale.
 


P. Y. Bonnet

  

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